Histoires vraies

Bébés-éprouvette

13 janvier 2020

Vous vous rappelez le rush de dopamine et de sérotonine quand vous tenter de tomber enceinte? 

On se jette sur notre chum quotidiennement (ah le bon vieux temps !) « juste au cas ». On calcul nos dates, thermomètre à la bouche le matin, puis on pleure, si après trois mois on ne voit toujours pas le + tout rose sur le bâtonnet (en tout cas Moi je pleure!). Notre chum nous dit que ça va aller, qu’on en est qu’au début, que la moyenne c’est quoi ? 6 mois ? 1 an ?

Allez ! Patience fille ! 

Bon.

Étant donné que la patience n’était pas dans mon code génétique (et ne l’est toujours pas d’ailleurs), ET qu’une infirmière qui s’assume pense toujours au pire, je traine mon chum par la … main et direction clinique de fertilité. Nous sommes encore à l’époque où les traitements étaient couverts (Dieu soit loué) alors on fait vite. 

Il s’avère que pour une fois, mes scénarios catastrophes n’étaient pas si faux. Disons que nous ne sommes pas un couple de la lignée de Starbuck. 

Le processus s’enclenche et pleine d’espoir et d’appréhension, je dis oui à tout. Les inséminations, les injections, les pilules, puis éventuellement la Fécondation In Vitro (FIV). 

C’est un vrai marathon, et ma vie devient centrée sur le nombre de spermatozoïdes en santé, le nombre d’ovules bien ronds, mes hormones à prendre, les dates de rendez-vous, l’attente, puis le test de grossesse. 

Quand tu fais un marathon de fertilité, tu as envie d’en parler. Tu as envie de te faire dire, ne lâche pas, t’es capable, t’es une championne. Parce que toi, en plus d’être bourrée d’hormones, tu fais le deuil d’une conception « normale », toute rose, douce, et orgasmique. La conception tu la vis plutôt dans une salle sombre, bien écartée dans les étriers, avec un inconnu qui te pousse à l’intérieur le plus précieux début d’amas de cellules de ta vie. 

Tu ne veux surtout pas qu’il l’échappe ! 

Alors tu essaie de te détendre en regardant l’écran où tu vois ton possible mini-toi arriver bien au chaud. Tu regardes ton chum aussi, pour être bien certaine qu’il ne perde pas conscience….mais non il est là, tout sourire derrière son masque chirurgical et on prit très fort. 

Ce que je voulais dire, c’est que pendant ce marathon, je me suis fait dire entre autres qu’on voulait des bébés fast food, qu’on n’était pas assez patients, qu’il fallait laisser faire la nature malgré notre peu de chance de concevoir naturellement. 

S’il vous plait, épargnez ce genre de commentaires à une mère bourrée d’hormones…ça peut mal virer. 

Donc tu retournes chez toi, après t’être assurée d’avoir serré au maximum ton plancher pelvien, parce que tu as bien trop peur de perdre ton embryon en toussant, et là, la plus longue attente de ta vie commence. 

Nous avons gagné à la loterie. Embryon no. 1 fut bébé no. 1. L’autre, il a dû attendre quelques mois dans une petite éprouvette congelée avant de venir se réchauffer, mais lui aussi, il s’est bien accroché. Comme je le disais, nous avons été plus que gâtés.

N’ayez pas avoir peur de partager votre histoire de conception non traditionnelle. Ces enfants sont les nôtres, peu importe, et ils ont été attendus avec autant d’amour. 

Même si l’orgasme n’était pas au rendez-vous.

Merci de m’avoir lue !

Marie-Joëlle

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4 Comments

  • Reply Lyne 14 janvier 2020 at 8 h 31 min

    WoW bravo
    J’ai 56 ans 10 de clinique de fertilité pas invitro…
    Pas d’enfants
    Je te comprends tellement…
    Un couple fort 28 ans de mariage

    • Reply mariejoelle 14 janvier 2020 at 19 h 20 min

      10 ans ! wow, qu’elle persévérance malgré l’épreuve ! Il faut effectivement un couple fort et unis. Merci de m’avoir lue !

  • Reply Pascale 14 janvier 2020 at 12 h 55 min

    Tu as raison. Tes enfants ont été conçus dans l’amour et ce qui compte vraiment! ❤

    • Reply mariejoelle 14 janvier 2020 at 19 h 19 min

      Oui tout à fait ma belle Pascale ! 🙂

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